IMAGINEZ BORDEAUX 2050 A-T-IL UN SENS ?

Alors que l'avenir se fait de plus en plus incertain en raison du réchauffement climatique et des milliers de réfugiés à venir, la montée de l'extrême droite en Europe et autres sujets d'inquiétude, qui peut prévoir ce que sera après-demain ? Quel sens donner à nos projections alors que philosophes et économistes tirent la sonnette d'alarme quant à de nouveaux conflits à venir… à notre porte? Est-ce pour faire oublier ce présent menaçant que l'on nous invite à imaginer …rêver Bordeaux 2050?
Il y a quelques années nous avons été invités à "imaginer Bordeaux 2030" ; qui peut nous dire où sont les applications sur le terrain du bouillonement d'idées que cela avait engendré ? 
Ne faudrait-il pas mieux agir dès maintenant pour faire face aux périls qui nous menacent: élévation des températures, pollution de l'air, des mers, des terres, inégalité et pauvreté croissantes….C'est à un nouveau paradigme économique et social que nous devons réfléchir plus qu'à de jolis équipements dont on est incapable de prévoir si dans plus de 30 ans ils feront sens…et si nous humains seront en mesure de les apprécier.
 En attendant on amuse le peuple…pour lui faire oublier l'impuissance de nos politiques à prendre des mesures courageuses pour inverser le cours des choses.

 

De la bienveillance ……à la clairvoyance.

Après le « lien social » et le « bien vivre ensemble » déclinés à l’envi ces dernières années comme remèdes aux incivilités, solitude et autres maux de nos grandes métropoles, nos médias, penseurs et élus nous invitent désormais à la « bienveillance ». 
 

Sujet de bien d’émissions et colloques, elle fait débat dans notre société en quête de valeurs qui rassemblent; après l’échec d’un consumérisme forcené qui ne fait plus guère rêver et fragilise la cohésion de notre société qui se révèle de plus en plus inégalitaire, elle apparaît comme la nouvelle valeur à la mode. Pour contrer l’exclusion, le rejet de l’étranger, la ségrégation, la ghettoïsation des quartiers, la « pauvrophobie »…elle serait le remède miracle pour faire taire nos égoïsmes. L’individualisme laisserait place ainsi à l’altruisme. 
 
Si la bienveillance apporte un surcroit de fraternité, symbole un peu oublié des frontons de nos mairies, on ne peut que s’en féliciter. Qui ne s’est pas senti réconforté par le petit service rendu par son voisin, la salutation de son commerçant ou réjoui par le sourire de l’anonyme rencontré au coin d’une rue? Envers l’autre, cet étranger, un regard, un geste « bienveillant » peuvent illuminer une journée qui pouvait paraître bien maussade. Ce peut-être pas grand-chose mais c’est déjà beaucoup… 
 
Et cette quête de bienveillance se décline en tous domaines: bienveillance envers la Nature que l’on a si souvent négligée et se rappelle à nous parfois de façon fort brutale ; bienveillance envers les animaux que l’on a trop souvent traités comme des objets soumis à notre bon vouloir sans égard à leur statut d’êtres sensibles et vivants. Pas de doute la bienveillance …c’est tendance !  
 
Or, la bienveillance n’est pas qu’acceptation de ce qui est ou soumission à un ordre établi. Elle est aussi combat pour une société plus juste, plus accueillante, plus respectueuse des droits de tous..tes. Si elle rime avec tolérance, elle doit s’accompagner de clairvoyance pour ne pas être un mot creux. Aussi, nous espérons que vous porterez un regard « bienveillant » sur notre gazette, nos demandes et nos actions afin que le quartier soit séduisant, animé et sûr.

 

Paru dans l'édito de la gazette de janvier 2018

 

BORDEAUX EN TRANSITION

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Suite à Alternatiba, plusieurs Bordelais ont décidé de se retrouver pour amorcer dans leur vie quotidienne une transition vers un mode de vie plus sobre, plus respectueux des autres et de l’environnement; ils invitent ceux qui le désirent à venir les rejoindre pour participer à des ateliers de réflexion et de mise en pratique à l’échelle du territoire bordelais.

 

La TRANSITION c’est quoi ?


C’est mettre en place des projets locaux pour donner plus de place à l’humain et la nature dans notre ville.
Il y a aujourd’hui plus de 1100 initiatives dans 44 pays dans le réseau international de la transition. Concrètement ces groupes ont créé des jardins partagés, des monnaies locales, de l’entraide intergenerationnelle, des festivals de musique, des ressourceries, des systèmes d’échanges locaux. Il n y a pas de réponse toute faite, les citoyens de la ville s’emparent des projets qui les intéressent.


Qui est BORDEAUX EN TRANSITION ?
C’est un mouvement citoyen créé en 2014 ouvert à tous. Il sensibilise, fédère et met en place des groupes d’action de transition dans la ville de Bordeaux.

 

Pour plus d’informations et contacts, retrouvez-les sur leur blog : www.bordeaux-transition.org – contact@bordeaux-transition.org

ALTERNATIBA GIRONDE

Logo-alternatiba.jpgCe fut un beau, un bel, un grand évènement qui a réuni près de 15000 personnes à Bordeaux dans le quartier Sainte-Croix les 10, 11 et 12 octobre pour sensibiliser au réchauffement climatique et proposer des solutions simples, alternatives, pratiques pour réduire notre empreinte carbone.

 

Plusieurs d’entre nous ont participé activement à cette manifestation poursuivant ainsi l’engagement pris dans notre quartier. Pour en savoir plus sur cet évènement et sur les prochaines animations qui se déclineront cette année en préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 (COP 21), rendez-vous sur le site: www.alternatiba.eu/gironde/

Gazette numéro 29 Edito

BELLE ANNEE 2015!
 
A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’irréparable vient de se produire à Paris dans les locaux de Charlie Hebdo et notre stylo reste en suspens…  nos pensées sont ailleurs, vers eux, lâchement assassinés pour avoir défendu la liberté d’expression et vers les anonymes (policiers, journalistes, employés, clients de l’épicerie casher) qui y ont laissé leur vie. 

Nos pensées vont aussi à ces courageux anonymes qui s’indignent et s’opposent à toutes les formes d’obscurantisme, de barbarie; elles accompagnent les lanceurs d’alerte qui dénoncent les dérives d’un système ne respectant pas ses citoyens et détournent les lois en vigueur mais aussi les défenseurs inlassables de notre belle planète. 

Nos souhaits de « très belle année 2015 », tels que nous les avions formulés en titre de cet édito nous paraissent bien dérisoires et décalés.  Et pourtant il ne faut pas renoncer à nous souhaiter de bien « vivre ensemble », à nous rencontrer, à échanger, à se concerter, à critiquer, à innover… Ce lien social que nous essayons de créer à notre toute petite échelle, celle de notre quartier, nous paraît encore plus essentiel, persuadés que l’indifférence, l’individualisme et la solitude sont le terreau de la violence et de la haine envers l’autre.

Pour avoir, en tant que petite association de quartier, fait usage de notre liberté d’expression dans cette même gazette et osé s’opposer à des projets immobiliers, nous avons subi les foudres de puissants que fort heureusement la justice de notre pays a écartées. Il existe un prix à payer…  du courage de s’opposer que beaucoup d’entre nous connaissent, que  ce soit dans leur vie personnelle, professionnelle, associative ou politique. 

Avec cet évènement, ô combien tragique, nous mesurons l’importance qu’il y a à défendre tous ensemble nos valeurs
démocratiques de « liberté, égalité et fraternité »… mais aussi de justice et de partage, afin que ce courage, les hommes et les femmes puissent en user encore sans jamais baisser les bras.   

Malgré notre profonde tristesse, nous vous souhaitons malgré tout et  encore plus que jamais une très belle année 2015. 

L’ESPACE COMMUN: C’EST NOTRE AFFAIRE A TOUS…

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                            On peut aussi appeler la CUB au 05 56 11 83 88

et lui demander d’échanger ces trop grands bacs- qui encombrent les trottoirs et que nous ne pouvons pas aisément rentrer- contre des bacs plus petits  (50 l)   plus faciles à  transporter et à caser chez nous. Cela évitera aux piétons un cheminement difficile sur les trottoirs, surtout lorsqu’ils ont un enfant dans une poussette, et aux handicapés, un cheminement pénible voire impossible. L’esthétique des rues en sera améliorée pour tous… .

BELLES DE NUIT ET NUITS BLANCHES

 Une présence très insistante

Certains d’entre vous sont malheureusement très au fait d’un problème survenant dans la nuit… la présence de femmes se prostituant devant leur porte…Malgré des améliorations ponctuelles, avec l’arrivée des beaux jours, l’inquiétude des riverains grandit. 

La prostitution est légale en France et contrairement à certains pays, elle se montre au grand jour…ou plutôt en pleine nuit dans notre quartier.

Le trafic d’êtres humains n’échappe pas à la mondialisation. La pauvreté grandissante de certains pays, le caractère inextricable des différents trafics (stupéfiants, armes) liés à celui-ci, le pire de tous, amènent sur nos trottoirs des filles, très jeunes pour certaines, nées très loin d’ici et qui n’ont rien à voir avec les « auto-entrepreneuses » exerçant à leur compte dans une relative discrétion.

Tout ce que savent ces étrangères, c’est qu’elles sont dans la légalité en vendant leurs charmes et qu’elles doivent les vendre à tout prix car elles ont des sommes pharamineuses à rembourser

( jusqu’à 50 000 euros) et des menaces graves sur leur tête et sur leur famille.

 

Que peut concrètement faire le citoyen victime collatérale de ce problème? 

La nuisance première est le tapage nocturne. Pourquoi ne pas faire comme certains riverains : commencer par parler avec ces femmes et leur dire qu’elles dérangent ce dont elles n’ont pas forcément conscience. Tenter de faire la part des choses même si c’est difficile (reliquats au fond de notre poubelle etc ).

Relever, le cas échéant, les plaques d’immatriculation des véhicules au moment où ils déposent les femmes si ces voitures sont manifestement celles des proxénètes. Faire intervenir la police dans certains cas : la visibilité des passes,( on ne peut l’accepter car cela doit rester de l’ordre de l’intime), la violence exercée par les clients sur les femmes, les rixes des femmes entre elles.

Contacter les associations de soutien aux personnes prostituées : vous avez été réveillé plusieurs fois par un fort tapage près de vos fenêtres, vous retrouvez des objets indésirables sur le pas de votre porte, signalez-le à I.P.P.O (Information Prévention Proximité Orientation) tel : 0556922537 ippo@orange.fr. Les bénévoles viendront rencontrer les femmes au cours d’une de leurs maraudes nocturnes et leur expliqueront vos griefs et la nécessité de se faire discrètes et plus soigneuses.

 

 

Quelles sont les actions des associations et des pouvoirs publics ?

 

Nous voudrions tout d’abord revenir sur l’importance des interventions d’I.P.P.O: elles ne favorisent pas la prostitution; si elle cessait de distribuer préservatifs, conseils et boissons chaudes, les prostituées ne s’éloigneraient pas pour autant de vos fenêtres.

Quand les passes se font moins visibles, les tenues un peu moins provocantes, les déchets un peu moins présents sur la voie publique, c’est grâce à l’intervention de cette association qui explique et réexplique aux femmes la nécessité de modifier leurs comportements, de respecter le voisinage. Créant une relation de confiance avec les femmes, les intervenants font de la pédagogie auprès d’elles…Leur proposant aussi un accueil de jour, ils aident certaines à s’extraire du trottoir et plus important encore, à porter plainte contre leur proxénète. Seule la plainte constituée d’une prostituée peut aboutir à la mise sous les verrous de ceux et celles qui les exploitent ainsi qu’au démantèlement d’un réseau. C’est pourquoi l’action de cette association est absolument essentielle et pour les citoyens et pour les prostituées; elle est sans cesse à reprendre car, hélas, les réseaux se renouvellent très rapidement …

Depuis quelques mois, les associations de quartiers touchés par ce problème se sont régulièrement retrouvées à la Préfecture au côté des associations de soutien aux prostitué(e)s, avec des représentants de la mairie et des forces de l’ordre pour des réunions présidées par le préfet délégué à la sécurité. La volonté commune d’améliorer la situation est là mais le problème tentaculaire, la marge de manœuvre infime. La police ne reste pas inactive : agissant toujours dans un cadre légal qu’elle ne peut outrepasser, elle a opéré, ces derniers mois, 150 interventions qui vont du rappel à la loi des clients ou des filles pour exhibition sexuelle à l’arrestation de proxénètes en passant par des interpellations pour délit de racolage.

En attendant que soit votée à l’automne une nouvelle loi sur la prostitution qui viserait à décourager la clientèle, les associations de quelques quartiers de Bordeaux réitèrent leur demande au Préfet et à la ville d’éloigner la prostitution vers des zones inhabitées, sécurisées, éclairées. C’est la moins mauvaise des solutions; il n’en existe pas de bonne; ce serait un moindre mal pour les habitants qui aspirent à dormir sur leurs deux oreilles et ne veulent plus être témoins d’actes sexuels et pour les prostituées qui pourraient continuer à exercer dans une sécurité acceptable.

 

Une prostitution qui s’inscrit dans la consommation de masse ?

Si certains hommes – qui recourent à des prostituées – prenaient conscience qu’ils sont le maillon sans qui le problème n’existerait pas, les choses évolueraient. S’ils se posaient quelques bonnes questions, s’informaient des conditions de la présence de ces femmes chez nous, ils auraient honte de participer à un trafic aussi scandaleux et s’abstiendraient. Certaines associations comme le Nid ou le Cri travaillent en amont, au collège, au lycée, dans les centres sociaux, à cette prise de conscience.

N’oublions cependant jamais que nous sommes la société et que nous sommes responsables de l’éducation de nos jeunes. Elever nos garçons dans le respect des filles est primordial. Car sur les trottoirs du boulevard Albert 1er si les prostituées sont étrangères, leurs clients, jeunes, vieux, en couple ou non, sont bien de chez nous.

Notre rutilante société de consommation qui appelle chacun à satisfaire ses désirs de manière aussi immédiate qu’irréfléchie est pour quelque chose dans l’attitude des clients. Et par ailleurs, malgré leur colère, des riverains témoignent de leur empathie pour ces jeunes femmes traitées par leurs clients comme autant d’objets bas de gamme à consommer et à jeter.

Une dernière réflexion avant de céder la parole au poète Georges Brassens: pourquoi certains quartiers sont-ils totalement épargnés par ces nuisances et d’autres tenus de vivre avec? On en revient à cette interrogation : certains territoires de la ville sont-ils moins bien traités que d’autres ?

 

Bien que ces vaches de bourgeois

Les appell’nt des filles de joie

C’est pas tous les jours qu’ell’s rigolent

Parole, Parole,

C’est pas tous les jours qu’elles rigolent

 

 

 

DU VIVRE ENSEMBLE… AU BIEN VIVRE ENSEMBLE

 Nos édiles désirent faire de notre agglomération une cité millionnaire pour jouer dans la cour des grands dans un contexte de mondialisation. Or, faire vivre en situation de proximité et non de promiscuité, un million de personnes ne relève t-il pas d’une certaine utopie ?

 

En effet, le mouvement Slow Town (« ville lente » qui émane du mouvement Slow Food, venu d’Italie) présente la ville idéale à l’échelle de 60 000 habitants, ce qui selon lui assurerait la proximité nécessaire à la constitution du fameux lien social, garant du respect et de la solidarité. Comment donc reproduire ce modèle idéal à l’échelle du million d’habitants ? 

 

Pas un colloque, pas un évènement sur la ville et ses dysfonctionnements sans qu’on ne réfléchisse sur les moyens à mettre en œuvre pour assurer le « bien vivre ensemble ». D’EVENTO, l’art au service d’une ré-évolution urbaine, à la dernière rencontre « imaginer votre quartier en 2030 », les habitants sont invités à « habiter autrement  la ville» car le modèle actuel ne répondrait pas aux attentes et contraintes de la ville millionnaire.

 

Peur du chaos, d’un débordement, d’un cadre de vie menacé, de l’exclusion des plus fragiles… ou exercice de communication visant à nous faire accepter la métropole à échelle européenne? 

Quoi qu’il en soit, il va falloir trouver les solutions pour que la ville ne soit pas asphyxiée par sa densité (Bordeaux devrait gagner 100 000 habitants en 2030); pour que la vie dans nos quartiers reste de qualité, mais aussi accueillante pour les nouveaux habitants.

 

A nous d’être imaginatifs, porteurs de propositions, vigilants quant aux évolutions à venir, solidaires et respectueux des uns et des autres.

 Article paru dans le journal Cauderes n° 24

 

EDITO : DE LA SOLITUDE …..AUX SOLIDARITES

 C’est autour d’une galette des rois, que se sont réunis responsables politiques et associatifs pour désigner 2011 comme année de lutte contre la solitude. Présenté par la ministre des solidarités Roselyne Bachelot, le constat est sans appel : près d’un habitant sur 2 souffre de solitude qu’il soit jeune ou âgé , citadin ou rural, riche ou pauvre et les remèdes sont encore à développer et à imaginer.

Fléau de nos sociétés modernes, révélateur d’une société plus individualiste et égoïste, où la part du collectif a été réduite au profit d’une plus grande liberté de l’individu (qui s’en plaindrait ?), cette solitude, trop souvent subie, s’accompagne d’une réelle souffrance, liée à différents maux : éloignement géographique, liens familiaux distendus, ruptures familiales, chômage, maladies invalidantes…

C’est cet appel à la solidarité et à l’imagination que les élus ont lancé aux associations présentes qu’elles soient de premier plan comme la société de Saint Vincent De Paul qui sur le terrain assure un soutien efficace et continu auprès des plus démunis ou beaucoup plus modestes comme les associations de quartier qui animent une solidarité de « pas de porte ».

Du vivre ensemble au « mieux vivre ensemble » c’est une solidarité de proximité, que nous sommes tous invités à décliner pour rebâtir du collectif…. Ainsi, les associations ont le vent en poupe, de plus en plus courtisées mais aussi de plus en plus sollicitées pour apporter ce fameux lien social. Et si cette solidarité n’était pas tout simplement l’affaire de tous ?

Et si ce besoin de lien et de partage ne pouvait pas trouver satisfaction dans nos commerces de proximité qui ne sont pas que des lieux marchands ou dans nos espaces publics qui ne sont pas que des lieux de passage ou encore, à notre porte même, dans une solidarité de voisinage ?

A nous, associatifs, d’encourager toutes ces formes de rencontre…..à vous de vous les approprier !

RENDEZ-VOUS au jardin d’Ars (près du Mac Do) le 9 septembre lors du pic-nic des quartiers à partir de 19H à un Apéro-concert offert par Cauderes et l’association de commerçants de la barrière de Toulouse.

 

 Article paru dans le journal Cauderes n° 23

… OU L’ON COMPREND QU’IL VAUT MIEUX S’ADRESSER AU BON DIEU QU’A SES SAINTS…

 

Nous nous sommes retrouvées par hasard boulevard Albert 1er, toutes deux plantées devant la souche-poubelle, attirées par la vision aussi déplaisante que surprenante de celle-ci – dressée comme un moignon devant la petite chapelle. Consternée, la religieuse me dit « ce n’est pas malheureux de voir ça ? » « C’est lamentable, mais pourquoi l’a t-on coupé ? » Elle l’ignore ; et tandis que nous évoquons le bel arbre que nous avions connu à cet endroit, j’indique la chapelle. « Au moins elle, elle tient le coup » et je pense à la bâtisse de belle allure qui a fait place à cette masse de béton, et dont la chapelle est une sorte de fantôme, de souvenir attendrissant. « On va la raser » dit-elle avec un regard mélancolique, « c’est nécessaire pour agrandir la maison de retraite, nous a-t-on dit. » Je compatis ; elle est désolée… Tout ce que représente cette chapelle pour elle …« Ca nous fait mal au cœur mais on ne peut faire autrement, ce n’est pas rentable. »

J’ai consulté par la suite le projet de permis de construire « l’augmentation de la capacité d’accueil est vitale du point de vue économique pour l’établissement » : de 62 lits actuellement, « ils » vont passer à près de 100.

Dans un élan de sympathie et de colère – encore un élément du patrimoine de notre quartier qui sera sacrifié – « mais ne pouvait-on pas l’empêcher ? il me semble que c’est vous les Sœurs qui décidez, alors si vous ne voulez pas…» « On a essayé mais en haut lieu – elle lève une main vers Paris ou vers le ciel –  ils n’ont pas voulu, ils disent que c’est indispensable ; on a même fait une pétition ! »

Une pétition ! à qui ? Sûrement pas au Bon Dieu ! Mais pourquoi les Sœurs ne nous l’ont-elles pas fait passer, cette pétition ?!  Nous l’aurions signée plutôt deux fois qu’une, et sans doute avec nous bien des gens du quartier !

On ne peut faire autrement que « les » croire sur parole. Et pourtant, je m’étonne : « ils » viennent de s’apercevoir que ce n’était pas rentable, ou c’est pour mieux nous faire avaler la pilule qu’ils rasent en deux temps, à quelques années d’intervalle ? Le résultat est que c’est près de 100 mètres de façades qui vont apparaître sur cette séquence des boulevards.

Qu’on ne vienne pas nous dire que nous ne souhaitons pas que les personnes âgées puissent continuer de vivre dans leur quartier, mais on pouvait faire mieux que ça, non ?

En passant devant la chapelle, jetons lui un dernier regard nostalgique en attendant les premiers coups de pelle.

Article paru dans le journal Cauderes n° 20